Après être rentré de France depuis un peu plus de deux semaines vient le moment de partager ce qui m’a surpris en France. Je pense que le fait de ne pas avoir été en France pendant 1 an m’a fait oublier à quoi ressemblait mon pays d’origine et la façon dont les choses se passent là-bas.
En arrivant à l’aéroport de Paris, je m’attendais à passer la douane. Je suis Français certes, mais je venais d’un autre pays et j’aurais pu ramener des choses qui comportaient des maladies, des choses interdites, etc. Et bien, il n’y avait tout simplement pas de douane. Quand je dis pas de douane, ce n’est pas qu’il y en avait une avec personne (ce qui arrive souvent aussi). Il n’y avait juste pas de douane. Sachant que quand on arrive au Canada, il faut remplir un formulaire, qu’il y a des chiens renifleurs et que les agents de douane fouillent un certain nombre de personnes de façon aléatoire, cela fait bizarre en arrivant en France (ou dans l’Union Européenne, je devrais dire) de ne pas voir un seul douanier.
Deuxième chose, qui m’a surpris… Paris c’est cher! Bon, je le savais déjà, mais payer 8,5 euros (13 $) pour aller en train de banlieue de l’aéroport de Paris au centre-ville, c’est loin d’être donné. Au début, je pensais que le préposé me vendait une passe pour la journée (je vous rassure ça coûte plus de 20 euros!).
En arrivant aussi, je me suis rendu compte que les RER (train de banlieue pour les non-Français ou non-Parisiens) sont dégueulasses. Les sols ne sont pas propres, il y a des graffitis partout, etc. La chose qui m’a réchauffé le coeur a été de voir un gars qui jouait de l’accordéon dans le train! Je me sentais comme un touriste qui venait visiter Paris.
Bien sûr, on ne rentre pas en France sans son lot de grèves (il faut bien garder sa réputation). En sortant du RER, j’ai entendu par les haut-parleurs de la gare que la ligne de RER serait en grève à partir de 19h00 avec un train toutes les 30 minutes aux heures de pointe! Sachant qu’après 19h00 ce n’est plus l’heure de pointe, je n’imagine pas le nombre de trains qu’il devait y avoir pendant la soirée. Génial pour un 24 décembre!
Bien sûr, la gare de RER n’était pas équipée pour une personne comme moi avec une valise (je n’arrive pas à comprendre comment font les millions de touristes qui vont à Paris chaque année). Une chance, au bout de la gare il y avait des escaliers mécaniques qui marchaient! Je ne m’attendais pas à en trouver dans toutes les stations de train, mais au moins dans les principales. Ce qui n’était pas toujours le cas (tout du moins pas partout) et des fois ils ne marchaient simplement pas!
Pour ne pas faire les choses à moitié, j’ai eu aussi droit à la bonne Française chialeuse qui chialait, car elle n’avait pas de train pour partir dans le sud de la France pour Noël (je vous rappelle que je suis arrivé le 24 décembre). Il faut dire que de une je n’y pouvais rien (car elle a commencé à me parler de tous ses problèmes… j’imagine que je devais avoir une gueule d’ange après un voyage de 15h dans les pattes) et que de deux elle me disait que ce n’était pas croyable que la SNCF (la compagnie de chemin de fer) n’avait pas prévu que le 24 décembre il y aurait du monde. Je lui ai quand même dit que je pensais que tous les trains étaient sur les rails et qu’un 24 décembre pour prendre un TGV (qui nécessite une réservation), il fallait sûrement s’y prendre un petit peu à l’avance!
Si vous êtes tête en l’air comme moi et que vous voulez en profiter pour regarder les bâtiments et toutes ces belles choses qui font de la France un si joli pays, je vous souhaite de marcher dans la merde, mais du pied gauche (il paraît que ça porte bonheur). Des merdes de chien, il y en a en masse PARTOUT! Je peux vous dire que j’ai failli avoir des accidents diplomatiques avec mes chaussures plus d’une fois!
Avez-vous l’habitude d’avoir un bon service (ou on dira un service qui n’est pas trop mal) au restaurant. Et bien en France il n’y a pas de pourboire, donc si on est mal servi c’est correct! Quand la serveuse a fait répéter ma mère, car elle n’avait pas entendu sa commande avec un fort QUOIIIII? et que l’on avait l’impression que prendre une commande ne faisait pas partie de sa job… Je me demandais pourquoi elle travaillait là. J’avoue que l’on n’a pas eu de chance et que les autres serveurs étaient très gentils et qu’il m’est arrivé d’avoir un mauvais service au Canada, mais on n’a même pas la satisfaction de ne pas laisser de pourboire (on l’a, mais vu que ça n’a fait pas partie du salaire du serveur comme au Canda, ce n’est pas la même chose)!
Je n’avais également plus l’habitude de me faire appeler Monsieur chaque fois que j’allais dans un magasin ou que je parlais à quelqu’un. Ce n’est pas grand-chose, mais ça ne m’est pas arrivé souvent en un an au Québec. C’est un peu comme quand des gars que je connaissais à peine m’ont fait la bise lors de la fête du Nouvel An. Quand on n’a plus l’habitude, ça fait un peu bizarre au début. Ce qui est drôle, c’est qu’au Canada faire une accolade est considéré moins “personnel” que de faire la bise, alors que je trouve qu’en faisant la bise on touche moins la personne qu’en faisait l’accolade.
Toutes ces petites choses ont l’air niaiseuses une à une, mais prises ensemble ça donne un sentiment assez agréable. On retourne chez soi pour se rendre compte qu’il y a plein de choses dont on n’a plus l’habitude. On se dit que finalement on ne s’est pas si mal adapté à son pays d’accueil et que n’importe où l’on va, il y a toujours des choses pour nous surprendre… même dans son pays d’origine.
Benoît – Français canadien ou Canadien français?